Vous êtes ici : Accueil > [ ANIMATIONS ] > Vous m'ferez 10 lignes > Recueil de mini-nouvelles

Recueil de mini-nouvelles

Depuis le lancement du concours en 2004, des centaines de nouvelles ont été écrites. Nous vous proposons de découvrir ou de vous souvenir des textes retenus par les jurys depuis l'année 2005.

Sommaire

2005 : Texte libre

2006 : 3 mots imposés

2007 : 3 mots à choisir parmi 10 mots

[2005 : Texte libre]

[Le jardin des fées] - «Papy, pourquoi, toi qui étais jardinier, tu ne t’occupes plus de tes fleurs ?»
Le grand père se retourna vers la douce frimousse de sa petite-fille et lui ouvrit. Elle vint s’asseoir avec délicatesse sur le banc de bois outragé par les années.
Elle embrassa du regard le jardin, dont les vestiges laissaient soupçonner avec quel amour et quel labeur il avait été créé. Les rosiers s’épanouissaient en gerbes folles et retombantes. Les lauriers en fouilli s’étalaient vers l’allée aux herbes hautes. Les papillons ne semblaient plus gênés par cette jungle, fuyant aux pépiements de ses gardiens emplumés.

- « Je ne suis plus jardinier depuis que la reine des fées est partie.
- C’était Mamie ?
- Oui Camille. Pour pouvoir avoir les plus belles fleurs il faut en posséder la muse.
- Et il n’y en a pas d’autre de fée, Papy ?
- J’attends que le Mistral m’en porte une autre un jour. Ce vent a des dons extraordinaires, et parfois sait réserver de bonnes surprises. »

Soudain, la cloche du portail tinta. Le vieil homme, serrant fort dans sa main burinée celle de sa petite princesse, vint ouvrir. Il découvrit avec stupéfaction une fée, belle et hâlée par les ans.

- « Excusez-moi, mais je viens juste d’emménager en face de chez vous. Je me permets de vous importuner car je suis fleuriste à la retraite et votre jardin est époustouflant. Aurais-je l’audace de vous demander de pouvoir l’admirer ?»

Le grand-père sourit. Aujourd’hui, le Mistral avait bien tourné.

Isabelle MAZZETTI 1er prix – catégorie adulte

 

 [La suite] Tirée par deux mulets, une charrette bringueballante avance péniblement sur la grande place. Les villageois trépignent à la vue de cet équipage.
Sur la charrette, un homme est assis, la tête légèrement inclinée.
Ni les secousses, ni les cris, ni les injures n’ont l’air de le troubler.
Mais par Saint Yves, que fait-il ?
Insensible à tout ce qui l’entoure, un livre ouvert sur les genoux, il lit !
C’est pourtant pour lui qu’on a bâti cet échafaud !
Le condamné est descendu de la charrette, puis il a gravi une à une les marches en bois de justice, sans jamais lever les yeux de son cher livre.
Lorsque le bourreau s’est approché de lui, il ne l’avait pas encore terminé. Alors, avant de poser la tête sur le billot, il a délicatement corné le coin de sa page.

P.M.(Post Mortem) : pour lire à «tête reposée».

Dominique RONCIN 2ème prix – catégorie adulte

 
[Chlorophylle] Ce n’était qu’une écharde. En travaillant le bois. Du merisier. Je voulais construire une petite table de chevet. J’avais la journée. Calme et ensoleillée. A part cette petite douleur lancinante dans la main, le travail avançait. Le bois révélait sa douceur, sous les lames du rabot. Je caressais la surface rouge, qui exhalait une odeur chaude de terre, de résine sucrée, de miel. J’étais satisfait, mais l’écharde me gênait, et je ne parvenais pas à l’ôter. Vers midi, j’ai ressenti les premiers frissons, peut-être de la fièvre et comme un engourdissement de tous les membres. Trop d’efforts, pensais-je. Il a pourtant fallu que je m’allonge, sans tarder, là, à même le sol. Ma tête vacillait, mon corps tremblait, j’avais des libellules bleues devant les yeux… Je crois que je me suis endormi très vite, un long moment… Je me sentais mieux à mon réveil. Plutôt «errent», quoique un peu engourdi. J’ai tenté de me lever, mais je n’y suis pas parvenu. Mon corps était ancré au sol. Je n’ai pas beaucoup réfléchi. Je ressentais tellement de paix, de bien-être, comme une nouvelle respiration ; plus profonde, beaucoup plus ample, presque universelle. Je suis resté immobile, jusqu’à la fin du jour. La nuit est venue. J’étais heureux, et en contemplant les étoiles, je me suis endormi. Au matin, mes pieds avaient germé… De petites pousses vertes, splendides. Jeunes et pleines de vitalité. J’étais fier. J’allais sur mon premier printemps… Et je repensais au merisier, qui est un cerisier sauvage… à l’été, j’aurais mes cerises...

Bruno PELAEZ 3ème prix – catégorie adulte

 
[Le vieux châtaignier] D’une rude beauté l’arbre laissait traîner son ombre sur la caillasse tiède des midis de novembre, lourdes de bogues, ses branches se berçaient dans les aubes glaciales, l’automne polissait le cuir brun des châtaignes et la sève gardait au cœur de son aubier ses secrets de printemps.

Ce soir-là, le ciel avait groupé ses nuages d’étain juste au-dessus de l’arbre et le tonnerre grondait comme des galets de rivière.
C’est dans un fracas blanc qu’un éclair inouï foudroya le silence et dans l’aube bleutée, superbe d’éclisses, j’ai vu l’arbre rouler, noueux, veiné.
Crucifiées, les feuilles s’éperonnèrent sous les lances des bogues, dans la mousse trempée.

Près du tronc déchiré, superbe de chagrin, j’ai vu l’homme caresser la blessure de l’arbre de ses doigts qui tremblaient, noueux, veinés.

Maryse MOUSNIER 1er prix – catégorie senior

 

[Meurtre à la salade] Pour faire mourir de rire quelqu’un que vous n’aimez pas mais qui goûte néanmoins votre humour, invitez-le à manger une salade verte que vous aurez préparée vous-même en y mettant de grandes feuilles (la chicorée frisée ou le pissenlit dent-de-lion sont recommandées) très fortement assaisonnées de vinaigre, huile, sel, beaucoup de poivre, ail, échalote, ainsi qu’une large cuillerée de moutarde (extra forte la moutarde).

Préparez le terrain en plaisantant. Mettez en joie la victime, puis, tout à coup, juste au moment où il (ou elle) aura dans la bouche une grosse portion de salade assassine, lancez l’irrésistible boutade (extra forte) qui la fera exploser en s’étranglant de rire.
La perfide feuille remontera alors dans le conduit nasal et s’y COINCERA !
Alors, les muqueuses seront atrocement attaquées, la brûlure sera intolérable.
Votre convive hoquetant deviendra violet, larmoyant, ses bras s’agiteront dans le vide puis, dans d’horribles convulsions, l’asphyxie aura raison de lui (ou d’elle).
Si vous-même êtes d’un tempérament gai, vous vous amuserez beaucoup de la situation en ayant soin toutefois de ne manger que de toutes petites bouchées de cette salade fatidique. N’ayant ni touché, ni empoisonné votre victime, nul ne pourra prétendre que vous aurez prémédité l’attentat. C’est un crime parfait. Convivial. Et si drôle !
Paul PICHET 2ème prix – catégorie senior

 

[Le doute] Prudence se réveilla en sursaut ! «Européenne» traversait la chambre avec cette allure rigide qui la caractérisait, suivie de son parfum. Prudence se rendit au salon, «Europ» posée sur le vieux fauteuil Voltaire restait énigmatique. Depuis qu’elle était dans la famille, elle avait reçu quelques attentions : annotations dans la marge, points d’exclamations et d’interrogations rougeoyants, même No-smok le chien avait tenté de s’y intéresser, mais on l’en avait dissuadé (ce n’était pas un os à ronger). Prudence pensa, comme lorsqu’elle envisageait l’avenir de ses enfants «Mais qu’est-ce qu’on va faire plus tard ?».

Pauline GLEYROUS 3ème prix – catégorie senior

 

[Banana split!!!] Je ne me souviens plus de ce qui m’est arrivé. Je sais que je me suis fait surprendre et que j’ai hérité d’un plâtre à la jambe gauche.
Je suis sûr que l’on a voulu me tuer, me détruire ! Je regarderai toujours derrière moi dorénavant.
Je suis bloqué chez moi et c’est sans doute ce qu’elle voulait. Je sais que l’on me persécute comme lorsqu’on m’appelle au téléphone sans parler, ou que l’on sonne à la porte sans qu’il n’y ait personne de l’autre côté.
Je crois même savoir qui est cette personne qui m’en veut…

Quelqu’un entre chez moi ! Comment vais-je pouvoir lui échapper avec ce plâtre ? Je ne peux pas bouger ! Je sais que c’est elle ! A l’aide !!
«Mon pauvre bébé ! Ce n’est vraiment pas de chance d’avoir marché sur cette peau de banane…»

Déborah Vallernaud 1er prix – catégorie jeunes 12-18 ans

 

[Le téléphone a sonné] Lorsqu’elle se réveilla ce matin du 28 août, jamais Laura n’aurait pensé que cette journée marquerait sa vie. Elle avait 15 ans, bientôt 16 et on lui avait dit quelques jours plus tôt que l’on devait retirer une tumeur au sein gauche de sa maman. On lui avait aussi demandé d’assurer la rentrée des classes de son frère seulement âgé d’une dizaine d’années. Elle s’exécuta et attendit toute la matinée le coup de téléphone qui lui donnerait les résultats de cette opération qu’elle se sentait prête à assumer. Il est 12h47, le téléphone sonne. Son sien lui a été retiré. «La tumeur s’est révélée plus importante que prévu» disent les médecins.

Finalement, Laura n’était peut-être pas vraiment prête à vivre tout ça. Mais forte et fière, elle n’a rien dit et a continué à pleurer seule, lorsque tout le monde pensait qu’elle dormait à poings fermés.
Mélanie LESTAGE 2ème prix – catégorie jeunes 12-18 ans

 

[Une histoire «moche»] J’ai un cousin très pénible qui est à côté de moi en classe. Quand je lui demande de tirer les rideaux pour ne pas avoir le soleil dans les yeux, il me dit :»Pauvre chochotte! Pour une fois que le soleil nous réchauffe !» Je suis obligée de lever le doigt pour le dire au maître ou à la maîtresse d’anglais. Alors à la sortie de l’école, il me « chope » au cou et il me donne des claques ou des coups de pieds aux fesses. Et même l’autre jour, il m’a collé un papier dans le dos où il y avait marqué « je suis conne !»

Je le déteste et lui aussi, il me déteste. Heureusement que c’est un cousin éloigné et qu’on n’est pas bagarreurs dans notre famille !
Madison PHILIS 3ème prix – catégorie jeunes 12-18 ans

 

[Le royaume des peluches] Mais qu’est-ce que je fais dans le coffre à jouets ? C’est quoi ça ? Ah, c’est ma patte. MA PATTE !? Zut ! Je suis un nounours ! Ah ! Ma sœur ouvre le coffre. Eh ! Natalie ! C’est ta sœur ! Coucou ! Zut ! Zut ! Zut ! Elle n’ m’entend pas ! Je me retrouve dans la maison des poupées. Ah non Natalie ! Pas la robe ! Pitié ! Si, mince alors ! Je vous jure ! Enfin, bref! Dans le jeu, je suis le bébé de la poupée et elle me donne à manger, et tout le bazar. Ouf ! Elle me range dans le coffre ! Enfin ! Je reste une peluche ?

Marie BARAT 3ème prix – catégorie enfant
 
 
[Un chat très gourmand !!] Julien avait 10 ans tout rond. Il était blond et avait les yeux verts. Julien adorait les animaux plus que tout au monde. Il suivait les reportages, achetait tous les magazines concernant la faune et avait un nombre incalculable de figurines à l’effigie de prédateurs, de volatiles, de poissons etc… Mais il avait surtout un chat, une perruche et un poisson. Un jour, en rentrant de l’école, il découvrit son chat allongé sur son lit, se léchant les babines. Julien courut au salon voir si sa perruche n’avait pas été mangée par un chat affamé. Mais heureusement, la perruche était là sur son perchoir. Soudain il monta à la véranda vérifier si son poisson vivait encore, oui heureusement. Soulagé, il alla à la cuisine et sursauta d’effroi. Julien pensa :

« - Non il n’a pas fait ça, le monstre, le fauve…»
Il avait dévoré, le scélérat… il avait mangé….
Le gâteau au chocolat de maman !!!!

Dounia HAEGEL 2ème prix – catégorie enfant

 

[Félix] Félix était recroquevillé sur lui-même. Il se sentait si bien, entouré de ses frères et sœurs. Il avait le sentiment de baigner dans le bonheur. Il était heureux de vivre. Quand tout à coup, il fut réveillé par des douleurs épouvantables. Ses frères et sœurs étaient tous agités. C’était comme si on les battait. Ils se demandaient ce qu’ils avaient bien pu faire pour mériter une telle punition. Ils disparaissaient un à un, attirés vers l’extérieur. Félix finit par se retrouver seul, livré à lui-même. Il était envahi par la peur. Quand à son tour, il se sentit propulsé comme une fusée. Il ne pouvait faire aucun geste. Il était tétanisé. Une lumière éblouissante l’aveugla. Dans un brouhaha, une voix cria de joie : «C’est un chaton ! On l’appellera Félix !»

Mélissé KINOSSIAN 1er prix – catégorie enfant

 

[La neige] La veille il y avait eu de la Burle. Ce matin la forêt était enneigée. De temps en temps on entendait au loin de la neige tomber des branches d’un sapin trop chargé. Sous les arbres il faisait sombre et les troncs étaient recouverts de givre. On voyait un morceau de ciel bleu, le soleil éclairait faiblement la forêt. L’atmosphère y était mystérieuse et silencieuse. Le paysage était sauvage et désert. On ne percevait ni oiseau, ni chaleur, ni vent. Il faisait froid, sombre et le silence était de mort. Pas la moindre vie et par malheur il continuait à neiger et même de plus en plus. Quand soudain la neige s’envola et recouvrit le soleil alors la nuit glissa puis avala la terre !

Guillaume LABAN Prix spécial du jury – catégorie enfant
 
 
 
[2006 : 3 mots clefs]

[Invention
Flamme
Cadeau]

 
 
[Les Dodis] Ce que je vais vous dire sera sûrement difficile à accepter, d’autant plus que cela n’est pas scientifiquement prouvé. Nous avons cru que les choses brillantes qui tombent du ciel la nuit étaient des étoiles filantes, mais ceci est faux, la vérité est autre. Il s’agit en fait d’une espèce d’oiseaux qui a la particularité d’avoir, non des plumes, mais des flammes qui épousent la forme de leurs corps. Cette espèce appelée Dodis serait une invention de Lucifer pour faire peur aux humains.
Il offrit ce cadeau à Dieu qui le mit sur la terre. Bien évidemment le plan de Lucifer fut raté car au lieu d’avoir peur des Dodis, nous faisons un vœu quand nous les voyons voler. Ces oiseaux se reproduisent très rapidement surtout à une époque de l’année où le ciel est voilé par ces êtres, c’est leurs marches nuptiales.
Maintenant que vous savez la vérité, s’il vous plaît ne la révélez à personne car cette espèce risque de disparaître à cause de la bêtise des hommes.
Lucie COURBIERE 2ème prix 12-18 ans
 
[Matin pluvieux] Ce matin, je me lève rapidement, je regarde immédiatement par la fenêtre le temps qu’il fait dehors. Il pleut, et cela a le don de me mettre d’humeur maussade pour la journée entière. Quand il fait beau, je me recouche sur le champ, mais pas aujourd’hui, il pleut.
C’est un jour particulier et ma femme, qui vient juste de se lever, l’ignore, tout comme nos trois enfants, qui dorment encore. Je ne déjeune pas parce qu’il pleut, cela me coupe l’appétit, je hais la pluie, la pire invention de la nature. Pour moi, elle a toujours été l’annonciatrice de la mort de l’un de mes proches. Je suis assis sur un tabouret, près de l’unique fenêtre de notre appartement parisien, et je regarde la pluie, je la regarde tremper les passants.
Plus je l’observe, plus elle redouble d’intensité. Cela n’est pas fait pour me rassurer, et je tremble d’angoisse. Je me demande si quelqu’un que j’aime va mourir aujourd’hui, si oui, qui ? Mes parents le sont déjà, peut-être ma grand-mère ? Peut-être ma femme, ou mes enfants ? Non, pas eux ! Mon cœur est dévoré par les flammes de la peur, pas eux, ils sont le seul cadeau que m’ait fait la vie ! Soudain des cris montent de la rue. Je regarde l’heure à ma montre, il est neuf heures du matin. En bas dans la rue, deux camions et un side-car. Les officiers allemands sont en train de tabasser notre concierge. Sur le trottoir d’en face son alignés tous les juifs de l’immeuble, les mains sur la tête.
Soudain on frappe à la porte…. Il pleut des cordes dehors.
Hugo JAMES 3ème prix 12-18 ans
[L’arbre à frites] Ma petite sœur Zoé fréquente des gens : Marco Bez, Maïo Nez et Grâce Ouillette.
Avec mes copains, Fifi Tness, Pam Plemouss et Phil Defer nous sommes énervés :
- Non mais vous n'avez pas honte de votre invention ? Elle va inciter tout le monde à devenir obèse !

J’allais continuer à les apostropher quand un dragon arriva et les pulvérisa d’une flamme, eux et leur invention.
C’était le dragon de la santé et il nous avait fait un très beau cadeau !

Faut arrêter la mayonnaise
Qui rend obèse
Et manger des poireaux
Qui ne rendent pas gros.

Lola DUCLOS 1er prix 12-18 ans
[La rigolade à n’importe quel moment] Picabou était un petit lapin à fourrure blanche. Il avançait quand un gros boum surgit de loin. Mais quelle est encore cette invention bizarre ? Puis Pinou arriva : c’était son meilleur ami à fourrure toute grise.
Alors Pinou lui dit :
- Prends garde à ton derrière aujourd’hui. C’est jour de chasse. Alors, cours, cours le plus vite possible sinon…. Ils ne t’épargneront pas, ils ne te feront pas de cadeau et tu finiras dans une casserole, sur la flamme de la gazinière ou bien dans le four.
Picabou répondit :
- Ils nous laissent le choix de la gazinière ou du four ? Ils sont gentils !
- Mais non, tu n’y comprends rien, les hommes nous veulent du mal, pas du bien !
- En attendant dit Picabou en rigolant, ça va te faire perdre quelques kilos !

Tous les deux prirent le chemin de la forêt, celui qui prenait tout à la rigolade et celui qui prenait tout au sérieux. Ils s’amusèrent tranquilles dans les hautes herbes et quand Picabou fut tué par un coup de fusil, il rigolait encore.

Typhanie CLAIN 3ème prix 10-12 ans
[Petit Navire] Petit Navire c’était le nom d’une sardine qui vivait dans la Méditerranée avec un petit poisson rouge appelé Flamme.
Un jour elle lui fit un cadeau : ils allaient partir pour l’Océan Atlantique!
Une heure après leur départ, ils rencontrèrent un vieux crabe qui les avertit aimablement de ne pas manger les vers de terre, car les pêcheurs étaient nombreux dans le coin. Puis ils s’éloigna en crabe. Mais quelque temps plus tard, un tendre petit ver de terre se montra devant nos petits poissons et Flamme se précipita dessus avec insouciance. Il se fit remonter aussitôt.
Il n’y avait plus aucun espoir pour lui. Eh oui ! La pêche est une belle invention si on se trouve du bon côté de la ligne !
Arthur JOUBERT 2ème prix 10-12 ans


[Bonni la patate] Dans une lointaine tartiflette habitait une patate. Cette patate s’ennuyait tellement. Elle habitait 5 rue des lardons. Oups j’ai oublié de vous présenter la ville. Les routes sont en fromage fondu, les trottoirs sont en morceaux de patates et les panneaux (stop, cédez le passage etc…) sont en lardons. On ne meurt pas de faim là-bas. Les spécialités sont le fromage et le lardon. Mais on se croirait en enfer, vous savez, là où il y a des flammes. En enfer il y a des fourches eh bien ici aussi sauf qu’elles ont quatre grandes dents en métal. Vous savez les humains ont capturé mon amie c’était une fille, ils lui ont dit que c’était un cadeau mais ils l’ont fourrée dans leur invention diabolique et hop taillée en frites ! C’est pour çà que je suis seul.
Corentin PAVAGEAU 1er prix 10-12 ans
[Soupe surprise] Ma grand-mère était très étourdie et je vous narre l’histoire du fameux livre de messe.
Chaque dimanche elle se rendait à la messe. Avant de partir elle mettait à cuire sa soupe dans une marmite accrochée à une crémaillère où se consumaient dans les flammes de grandes bûches de bois.
Ce jour-là elle était pressée et à moitié chemin elle se rappelait qu’elle avait omis de mettre dans la marmite le morceau de lard traditionnel. Qu’allait dire le grand-père en venant déjeuner ?
Aussitôt elle rebroussa chemin pour réparer son erreur mais dans sa précipitation elle mit le livre de messe dans la marmite et le morceau de lard sous le bras.
Une voisine lui dit «où allez vous madame avec votre lard sous le bras, c’est une nouvelle invention ou c’est pour faire un cadeau ?»
Jugez de la confusion de ma grand-mère qui ce jour là manqua la messe. J’espère que le bon dieu dans sa clémence divine ne luit tint pas compte de son étourderie.
Marie-Louise BARRET 1er prix senior
 
 
[La politesse]
Politesse, as-tu changé d’adresse?
Ou serait-ce un moment de faiblesse?
Pour nous les anciens qui possédons la sagesse
Et pour le reste de cette jeunesse

Politesse, serais-tu en détresse ?
Comme un être que l’on blesse
Un cadeau oublié que l’on délaisse
Un savoir-vivre abandonné par faiblesse

Politesse, manquerais-tu désormais de tendresse ?
Ne serais-tu plus notre plus grande richesse ?
Une invention négligée par paresse
Dans ce monde inondé de stress

Politesse, pourrait-on rallumer ta flamme d’ivresse ?
Pour que malgré le temps et la vieillesse
Et surtout toutes nos maladresses
Tu reprennes ta place, maîtresse

Politesse, qu’enfin on te reconnaisse
Que tu brilles toujours et sans cesse
Que l’on te respecte comme une déesse
Que tu sois notre bel héritage, toi politesse

Les résidents de la Manoudière Prix spécial du jury
[Le picodon] Le picodon était un petit train tout en bois, même les sièges et quand on l’entendait siffler au loin, on se dépêchait pour aller lui faire un petit signe avec un mouchoir blanc, pour qu’il s’arrête et nous attende.
J’avais alors sept ans, nous habitions en pleine campagne dans la brousse à Fougérouse. Ce petit train passait par Porte en Valdaine, Dieulefit et il venait jusqu’à Montélimar. Il s’arrêtait à chaque fois qu’une personne lui faisait signe de son mouchoir blanc le long du trajet, c’était une drôle d’invention.
Il n’y avait alors aucun commerce dans les petits villages, c’était donc le seul moyen pour nous ravitailler.
On partait le matin de Fougérouse, pour la journée, nous en profitions pour vendre à la ville nos fromages et quelques poulets et c’est cet argent qui nous servait pour les achats. Occasionnellement nous avions droit à un petit cadeau.
Le repas de ce jour était composé d’un picodon partagé en trois et d’un quignon de pain.
Le soir venu, nous reprenions le petit train, chargées des commissions, un cabas dans chaque main avec ma mère et ma sœur, notre père étant resté à la ferme pour travailler les terres.
Une fois descendues du train avec nos cabas, nous devions faire encore trois à quatre kilomètres dans la montagne pour regagner la maison.
Il n’était pas rare de rencontrer des sangliers sur notre route, alors ma mère poussait un cri bizarre, que lui avait appris son père, destiné à faire fuir ces bêtes sauvages.
Il n’empêche que ma sœur et moi avions peur qu’ils nous attaquent.
L’hiver nous rentrions avec la nuit, notre père attendait notre retour avec impatience, avec comme seule lumière la flamme de la lampe à pétrole.
Cette journée était à la fois notre sortie et notre corvée de la semaine.
Lucienne ZANARDO 3ème prix senior
 
 
[Chat alors !] Il était une fois un chat qui n’aimait pas les souris c’était une véritable aversion. Il manifestait un dédain humiliant pour les petites bestioles qui dansaient devant lui.
Quelle invention pourraient-elles trouver pour attirer son attention. Un chat qui n’aime pas les souris, elles n’avaient jamais vu cela, c’est un chat anormal. Comment se sauver le cœur battant devant tant de dédain !
Quelle conversation avoir le soir dans le nid si l’on n’a rien à raconter de palpitant pour se faire peur.
A quoi bon sortir puisqu’il ne nous regarde pas ?
L’ennui gagna toute la colonie des souris, elles commencèrent à déprimer, certaines en perdirent l’appétit, le gruyère n’était plus aussi bon, même les petits cadeaux d’anniversaire avaient perdu de l’intérêt.
Comment sortir de cette impasse ! Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Est-ce que tous les chats sont devenus anormaux ? Comment savoir ? Pourquoi le monde a-t-il changé ?
Une souris partit aux nouvelles dans la maison voisine, comme elle ne revint pas la situation resta la même. Pas moyen de savoir se les autres chats étaient atteints.
Lasses d’attendre, un soir d’été, au clair de lune, elles sortirent toutes ensemble, passèrent devant le bel indifférent et se perdirent avec griserie dans la campagne.
Soudain bondit devant elles un superbe chat sauvage, ses yeux lançaient des flammes.
Effrayées elles s’enfuirent le cœur battant, rapidement la petite troupe se retrouva dans le nid.
Enfin la vie est redevenue normale. OUF !
Marie-Thérèse CARON 2ème prix senior
 
[Auprès de ma blonde…] – Mais bon sang tu ne vois pas qu’elle t’empêche de respirer, qu’elle t’étouffe ?
– Oui. J'sais bien
– Alors t'attends quoi ?
– Ben ! Je fuis tous les endroits où je pourrais la rencontrer. Je reste la journée enfermé dans mon bureau : plus de pause café, plus d'apéro avec les collègues, bref le boulot rien que le boulot.
– Eh ben tu vois.
– Mais j'crois que j'l'ai toujours dans le sang. Par bouffée je meurs d'envie d'aller la rechercher.
– Mais c'est que t'en serais complètement accro de ta petite blonde.
– Elle m'obsède. Impossible de laisser mourir la flamme, j'ai besoin d'inhaler son parfum, de...
– Tiens le coup. C'est pas un cadeau j'te dis.
– Ta raison, je vais juste aller lui voler un dernier baiser et puis adieu.
– Si tu fais ça; t'es foutu mon gars. Même les dernières inventions en matière de patchs et de gommes à mâcher au concentré de nicotine peuvent plus rien pour toi. Demain ta petite blonde elle réaménage chez toi. Tu peux ressortir les cendriers.
Sophie AGULLO 1er prix + 18 ans
[La baby-sitter] Madame de Granville rentre de l’Opéra.
Elle demande à la baby-sitter :
– Est-ce que la garde de ma fille Marie-Ange s'est bien passée ?
– La mioche, c’est cadeau. Pas de lance-flamme pour l’Alien. Pas de pétage de plomb. Pas de daube majeure.
– Plaît-il ? Pouvez-vous parler en langue de Molière ? Majordome, auriez-vous l’obligeance de traduire. Je ne comprends pas un mot.
– Mademoiselle dit que votre fille a été sage. Elle ne s’est pas agitée. Il n’y a pas d’incident majeur à signaler.
– La mioche est tombée raide –claque dans son pieu, chébran sur walkman à donf.
– Votre enfant s’est endormie dans son berceau après que mademoiselle lui ait chantonné une berceuse de son invention.
– C’est pas tout ça mais j’suis grave à la bourre. Ça va être mort pour la teuf.
– Mademoiselle est pressée, elle est en retard pour le bal des débutantes.
– Et la meuf ! ma thune et j’meuh casse !
– Mademoiselle dit à madame qu’elle désirerait être payée et prendre congé.
– Naturellement. Réglez ces petites formalités, je vous prie Gonzague. Nonobstant, dites à mademoiselle qu’elle se casse. Je suis gravissime à la bourre pour mon tilleul - menthe.
Michelle GRENIER 3ème prix + de 18ans
[Ikarenzèpe] Juste au bord de la plus haute des terrasses, à peine vêtu d’un slip immaculé, les jeunes pectoraux de ses quatorze ans prêts à l’effort, il regardait monter l’aurore aux doigts de rose.
Hop, il sauta dans le vide. Il y eut un froissement soyeux, l’invention de son père – plumes de cygne, alliage colle de satellite– tenait, il volait.
D’abord il plana à mi-hauteur des immeubles parcourant le labyrinthe du quartier. Ses copains n’étaient pas devant les porches avec leurs capuches et leur ennui, mais il y avait leurs traces, des tags grandioses, et comme une ambiance menaçante aussi.
Jadis, son papa, ouvrier maçon, avait construit ce dédale de barres.
Le garçon, d’un coup d’aile, fila vers le soleil dont la sphère féerique émergeait lentement de l’horizon obscur. Il croisa dans les airs un cavalier brun, élégant sur une jument blanche, qui lui fit un geste :
«plus haut, monte, monte !» avant de galoper vers l’Orient.
L’éphèbe s’approcha du soleil, dont les flammes curieusement étaient fraîches et enveloppantes. Il entendait un murmure venu de l’astre : «Viens vers moi, je suis le Savoir» . Le garçon flottait dans une paix azurée…

Tintamarre ! Le réveil le tire brutalement du songe. Vite, Mohamed se lève, s’habille, va à la cuisine. Sa grande sœur, ingénieur dans une filature, est déjà partie, dommage. Mais sa mère a préparé des beignets et du café au lait. Elle roucoule de tendresse en Kabyle.
Il se hâte vers le collège où une prof de littérature raconte des histoires anciennes, superbes, qui le troublent. Aujourd’hui, il paraît, c’est Icare, «en ZEP». Ikarenzèpe ! Il est avide de ce nouveau cadeau...

Philippe HUBERT 2ème prix + de 18 ans
 
 
 
[2007
3 mots à choisir parmi :]
abricot
amour
bachi bouzouk
bijou
bizarre
chic
clown
mètre
passe-partout
valser

[Corinne veut maigrir] Corinne aime tout. Tout sauf ce qui est bon pour la santé. Le chocolat, les bonbons, oui mais les fruits comme les abricots ou les légumes, non. C'est bizarre : un jour, elle vit que son poids ne convenait pas à son âge : 76 kg pour 10 ans et demie. Alors elle se dit : « Chic, je vais maigrir ». Elle alla à la pharmacie acheter tout ce qu'il fallait : des pilules, des gélules, des granules... Elle essaya tout mais rien ne marcha.
Elle se rendit chez son médecin et lui dit :
Docteur, je veux maigrir ! Les médicaments ne marchent pas.
Avez-vous modifié votre alimentation ?
Eh bien, oui, j'ai supprimé les carottes, les poireaux, l'eau minérale, les viandes grillées et les biscottes sans sel. Et surtout je ne fais plus aucun sport et je bois du soda toute la journée en mangeant des cacahuètes et en regardant la télé.
Ne cherchez pas ! S'exclama le docteur, votre cerveau est monté à l'envers ! Un coup de tournevis et vous retrouverez une ligne de sirène !
Raphaëlle LAMY 1er prix – catégorie 8-11 ans


[Le garçon voyageur] Un jeune garçon qui avait 25 ans, s'appelait Sébastien. Il voulait découvrir le monde. Mais malheureusement, il ne possédait pas assez d'argent pour cela. Alors il travailla jour et nuit pour en gagner. Ce fut le grand jour : il avait assez d'argent !
Il découvrit l'Amérique, l'Asie et encore d'autres continents. Puis un jour, il arriva en Afrique. Le continent merveilleux qui abritait une si jolie dame nommée Leïla.
Leïla : de longs cheveux bruns et un voile noir sur la tête. Il voulut faire sa connaissance en lui offrant un bijou. La jeune fille apprécia son cadeau et lui donna en échange un abricot et lui dit : « cet abricot est magique! »
Sébastien le trouva délicieux et le croqua. Alors une lumière jaillit du ciel, une lumière boréale en pleine Afrique ! Sébastien se sentit bizarre. Il se couvrit d'or et de vêtements chics.
Il épousa la belle Leïla et l'emmena découvrir le reste du monde avec lui...
Malak Sekkal 2ème prix – catégorie 8-11 ans
[L'enfer] Je cours le long d'un couloir blanc, comme ceux que l'on voit dans les asiles de fous. L'angoisse me tord le ventre ainsi qu'un affreux point de côté mais je ne peux pas m'arrêter, je ne dois pas, sinon... sinon... Je déglutis et accélère le pas. Les fenêtres ont des grilles comme celles des prisons. Seules les portes couleur abricot, donnent un point de gaieté dans cet enfer blanc nacré. J'entends des voix, étouffées par la distance mais mon coeur fait une douloureuse embardée qui me fait courir. Des pas s'approchent, je cours toujours et dépasse un groupe d'adolescents aux têtes bizarres et aux regards furieux. Je ne m'arrête pas, je transpire à grosses gouttes et souffle comme un boeuf mais la sortie est là, à 2 mètres devant moi ! Trop tard. Une voix tonitruante éclata dans mon dos : « Lucie ! Je vais vous apprendre, moi, à sécher les cours !!! » s'écrie Madame Bouldog, la CPE. Je m'arrête. Tant pis pour la fête samedi. Le cachot m'attend, pire que le train fantôme, bienvenue en enfer !!! Ou le collège comme vous préférez.
Lucie Courbière 1er prix – catégorie 11-14 ans

[L' amour]
Toi qui viens ici
Seule dans mon pays,
Qui deviendra le tien
Mais restera le mien
Ce sera le nôtre
Et à personne d'autre.
Tu m'offriras un pot
Avec plein d'abricots,
Et moi des bijoux
T'en aura jusqu'au cou.
Là-bas y'a des séismes
Ici y'a du racisme
Il faut que tu cour'es
Pour attraper l'amour.

Louis Goujard 2ème prix – catégorie 11-14 ans
[Mise en abîme] Ca y est, c'est décidé, je vais finir cette affaire aujourd'hui. De toute façon je n'ai plus le choix : le cerbère qui me tient lieu de mère veille derrière la porte, attendant que je finisse ce que j'ai à faire. Avant, je pouvais toujours lui donner l'excuse passe-partout : « J'ai le temps ! Je le ferai demain, peut-être... » Mais maintenant c'est vrai que je n'ai plus le temps ; et puis, je lui ai promis que je le ferai donc je vais le faire ! Bon, je commence... Étrange, ce sont toujours les premiers mots les plus difficiles à trouver. Je peux presque voir les idées valser dans mon esprit : enfin l'une d'entre elles attire mon attention. Je la développe du mieux que je peux mais bientôt je ne sais plus quoi dire. J'ai beau chercher, tourner le problème dans tous les sens, je n'arrive décidément pas à continuer. Fatigué de réfléchir, je m'arrête et laisse mes pensées vagabonder. Le temps passe sans que je men rende compte. Mes yeux tombant par hasard sur ma montre je constate qu'il se fait tard. Je reprends donc ce que j'ai déjà fait, fermement décidé à finir avant de me coucher. Enfin je dépose mon stylo et relis ma feuille. Bon, même si ce n'est pas un bijou de littérature, je les ai faites mes dix lignes !
Raphaël Coulange 1er prix – catégorie 15-18 ans


[Le début de la vie] C'est décidé aujourd'hui je prends ma vie en main, depuis 8h30 ce matin j'ai décidé que ce serait un autre jour pour moi. Et oui, aujourd'hui je ne resterai plus enfermé dans ce petit nid d'amour que je m'étais créé, j'ai décidé de sortir, de respirer cet air si pur, de rencontrer des gens qui je l'espère m'apprécieront. Mais ce n'est pas si simple car jusqu'à présent j'avais toujours vécu dans cette bulle si confortable où j'avais pris mes aises. Et pourtant j'ai tellement envie de rencontrer de nouvelles personnes, alors attention, prêt ou pas j'arrive. Je commence à sortir et vois cette lumière qui m'éblouit, mais je continue, et là je vois ces deux gigantesques mains qui me tirent vers l'extérieur comme si j'étais attendu. Et là je prends une grande bouffée d'air tout en regardant autour de moi, je trouve l'extérieur si bizarre, mais je vois tous les gens qui m'attendaient et qui me traitent comme un bijou. C'est ainsi que je suis né.
Chabanette 2ème prix – catégorie 15-18 ans
[Été] Allongé sous le ciel limpide, sa main guidée par sa propre convoitise, s'est avancée vers la chair ambrée, chaude d'été. Tendrement, dans un lent geste d'amour, il a caressé la peau offerte. Le grain en était soyeux, velouté et excitait l'extrémité de ses doigts. Promptement, il a empoigné l'objet de son désir.

Puis, doucement, il en a écarté les deux demis globes tendus, tout dorés de soleil. Alors, il a glissé dans la fente offerte un doigt impatient. Et de cet écrin qui recelait comme un bijou s'est échappé un jus puissant. Le parfum qui l'accompagnait lui a presque tourné la tête. Une furieuse envie de mordre toute cette douceur soumise le tiraillait.
Il a d'abord pris plaisir à contempler la chair maintenant humide.
Puis, n'y tenant plus, après avoir fait valser le noyau de son écrin, il a dégusté, ravi, chaque orillon de l'abricot.

Sonia Colin 1er prix – catégorie adulte


[À la recherche de l'homme perdu] Un beau jour, il a tout abandonné : sa femme à laquelle il vouait un amour fou, ses enfants qu'il adorait, ses amis qu'il ne quittait jamais et sa longue carrière de chauffeur de bus n°39. Personne ne savait quelle terre ses pieds ont foulé, ni pour quelle raison il était parti. Coup de tête ? Enlèvement ? Coup de foudre ? Alzeimer ? Les questions fusaient, les hypothèses aussi.
Lui, il débarqua dans l'immense désert d'un pays inconnu. Il laissa tomber son sac sur la face brûlante du sable jaune. Il posa son regard fatigué sur l'horizon infini. Et comme une jeune femme devant son nouveau bijou, il s'émerveillait. Soudain un petit garçon surgit de nulle part et l'aborda d'un air bizarre :
-Vous devez sûrement vous être égaré monsieur. Ici personne ne passe? Vous cherchez quelqu'un ?
-Oui mon petit, murmura le vieil homme, je cherche l'homme que je suis.
El Hassane Aït Moh 2ème prix – catégorie adulte
 
 
[Au secours la planète]
Pauvre terre, avec le temps tu désespères
Par manque d'amour, par manque d'air
Gouttes de pluie, tu faisais valser nos vies
Aujourd'hui, faut se faire du souci
Pauvre terre, tu prends peur
Orages destructeurs, cyclones dévastateurs
L'avenir est tout de même inquiétant
Soleil brûlant, glaciers fondants
Pauvre terre, notre plus beau bijou
Le ciel et les hommes sont-ils devenus fous ?
Les saisons se bousculent périlleusement
Quel avenir prochain nous attend !!!
Léa Gardin 1er prix ex aequo – catégorie Carte vermeil
 
[Entre rêve et réalité] J'ouvrais un livre, je parcourais les premières lignes, doucement je quittais la réalité et glissais dans mes souvenirs de jeunesse. A l'instant, je n'étais plus là dans mes pensées, j'avais dix-huit ans, une belle chevelure châtain clair, les yeux bleus, les joues couleur abricot, la taille fine, insouciante et heureuse.
J'étais rentrée avec plaisir dans la peau de ce personnage qui me faisait revivre mes plus belles années. Je rêvais au grand amour, à toutes ces choses dont rêvent les jeunes filles de cet âge.
J'étais fascinée par sa force de caractère qui avait été la mienne autrefois, j'étais en train de valser dans mon passé si lointain, avec beaucoup de douceur et de légèreté. Mais le rêve s'acheva au bout de quelques pages, malgré moi.
On frappa à la porte et je revins brusquement à la réalité et à mes 87 ans, je gardais néanmoins le sourire aux lèvres de ce délicieux petit voyage.
Juliette Humbert 1er prix ex aequo – catégorie Carte vermeil

[Le zoo de chez Mado] Chez tante Madeleine, Passe-partout, le chat, est très jaloux de Monsieur Toto.

Que de pitreries, de bêtises, de situations catastrophiques ou rocambolesques, ce petit félin peut inventer et provoquer.
De plus, il n'a pas beaucoup à se forcer, car son pelage tacheté, son museau rose et ses yeux malicieux nous font penser qu'il est le clown le plus doué.
Tandis que M. Toto, toujours très chic, impeccable dans son habit de plumes noires et luisantes, regarde très fier, tous les efforts que fait son compagnon à quatre pattes, pour attirer l'attention.
Mais au fait M. Toto est une corneille !
Quelle drôle d'idée de faire cohabiter, sous le même toit, un chat et un oiseau ! Et c'est pourtant ce qui se passe chez tante Madeleine.
Tous les gens du village se pressent pour observer ce mariage incongru.
Certains pensent même faire venir les journalistes et pourquoi pas la télévision.
Mais finalement c'est grâce à un concours d'écriture que nos petits amis sont devenus célèbres.
Groupe du Galoubet Catégorie Carte Vermeil Groupe
 
[Élection d'un roi] Dans le jardin de l' Elysée, un grand chapiteau est monté, c'est le cirque Bachi-Bouzouk qui s'est installé.
L'ambiance semble pourtant morose. En effet, le monde des animaux est en deuil car le roi vient de mourir.
Il faut élire un nouveau roi.
Une grande course est organisée et cinq candidats se présentent sur la ligne de départ : Chichi la girafe, Koko le singe, Babar l'éléphant, Sissi la fouine et Lolo le suricate.
Le clown blanc, très seyant dans son costume abricot, donne le départ.
Les cinq participants s'élancent.
La girafe se mélange les pinceaux, trébuche, tombe et est éliminée.
Babar tombe en marchant sur sa trompe et écrase la fouine.
Koko le singe s'agrippe à un trapèze, double le suricate et s'élance vers la victoire.
Son couronnement à lieu le lendemain.

Moralité : pas besoin d'être grand pour gagner, il suffit d'être rusé et un peu tricheur, peut-être.

Groupe du Galoubet Catégorie Carte Vermeil Groupe